Lorsqu’un journaliste rédige un article à votre sujet et que ce dernier paraît dans la presse, vous n’avez malheureusement aucun droit de regard sur le produit fini. Le journaliste s’approprie votre actualité et la diffuse en son nom, sans que vous ne puissiez apporter aucune modification ou en changer la formulation. La liberté de la presse est ainsi faite, que vous ne pouvez pas censurer un contenu, même si il vous concerne. Mais alors existe-t-il un moyen de réagir après un article qui représenterait une attaque personnelle ou qui diffuserait des informations erronées ? La réponse est oui, la loi prévoit ce qu’on appelle un droit de réponse. Vous devez cependant être prudent avec le droit de réponse, en ce qu’il met à jour un conflit entre vous et les journalistes qui se sont intéressés à votre actualité, pouvant représenter un frein au développement de votre image à travers les médias. Vous devez donc bien en analyser l’impact et l’importance avant d’y avoir recours.

Le droit de réponse : véritable bouclier ou coup d’épée dans l’eau ?

Lorsqu’un journaliste rédige un article à votre sujet et que ce dernier paraît dans la presse, vous n’avez malheureusement aucun droit de regard sur le produit fini. Le journaliste s’approprie votre actualité et la diffuse en son nom, sans que vous ne puissiez apporter aucune modification ou en changer la formulation. La liberté de la presse est ainsi faite, que vous ne pouvez pas censurer un contenu, même si il vous concerne. Mais alors existe-t-il un moyen de réagir après un article qui représenterait une attaque personnelle ou qui diffuserait des informations erronées ? La réponse est oui, la loi prévoit ce qu’on appelle un droit de réponse. Vous devez cependant être prudent avec le droit de réponse, en ce qu’il met à jour un conflit entre vous et les journalistes qui se sont intéressés à votre actualité, pouvant représenter un frein au développement de votre image à travers les médias. Vous devez donc bien en analyser l’impact et l’importance avant d’y avoir recours.

1) Comment réagir face aux erreurs des journalistes ?

À la lecture des publications vous concernant dans les médias, vous ne serez pas toujours transi de bonheur. Quelques détails peuvent vous choquer et avoir un impact négatif sur votre message ou votre positionnement stratégique. Seulement vous ne pouvez pas crier au scandale et invoquer votre droit de réponse si la gravité de la situation n’est pas avérée. Vous pouvez en revanche contacter la rédaction du média en question.

  • Les détails inexacts : si l’erreur du journaliste repose sur un chiffre, une fonction ou un titre d’un des employés de votre business, vous pouvez tout simplement passer un petit coup de téléphone pour signaler le problème. Restez poli et conservez votre attitude de bon client. Insistez sur le fait qu’il n’y a rien de grave, mais que vous estimez que cela ferait gagner l’article en crédibilité si l’erreur venait à être modifiée.
  • Les informations préjudiciables : si le journaliste qui vous a interviewé vous attribue des propos que vous n’avez jamais tenu ou établit des faits sans aucun fondement (le fait que vous vendiez du matériel défectueux, ou que vous êtes insolvable, par exemple) qui auront un impact négatif sur votre image de marque et sur votre crédibilité personnelle, il va de soi que vous pouvez mettre à jour la contre-vérité auprès de la rédaction. Envoyez un mail en expliquant que vous n’avez jamais prononcé les mots qu’on vous prête ou que les faits relatés sont totalement infondés, et en quoi cela vous cause un préjudice (baisse de vos ventes, de la confiance dégagée sur votre marché…). Demandez qu’un rectificatif soit publié au plus vite pour limiter les effets négatifs de cette manœuvre malencontreuse.
  • La diffamation : si la liberté de la presse est avérée, les journalistes ne peuvent pas pour autant se permettre d’écrire tout et n’importe quoi. Les fausses allégations, injures ou mensonges sont alors des raisons suffisantes pour avoir recours à votre droit de réponse, voire à intenter une action en justice pour voir le préjudice moral réparé.

2) Comment formuler son droit de réponse ?

Le droit de réponse est une disposition légale, il existe donc des conditions pour pouvoir y avoir recours. Le média de la part duquel vous exigez une parution au titre de votre réponse doit être publié régulièrement, votre mise en cause par le journaliste doit être matériellement démontrable et vous devez apporter la preuve de votre statut de personne physique ou morale (votre nom ou fonction suffiront à le définir).

  • La formulation du droit de réponse : votre rédaction a pour but d’apporter votre point de vue et de rectifier les informations erronées diffusées par un journaliste à travers un article. Cette dernière doit respecter les bonnes mœurs et l’ordre public, ce n’est pas une attaque envers le média qui vous a déçu. Vos arguments doivent rester dans le cadre de l’article. Vous ne pouvez pas évoquer d’autres sujets ou donner de nouvelles informations. Votre droit de réponse ne sert donc qu’à rétablir la vérité, ni plus ni moins. Il est strictement interdit d’y faire figurer des illustrations, et la longueur de votre publication doit être au maximum équivalent à celle de l’article, avec une limite maximale de 200 lignes.
  • La publication de votre réponse : si la rédaction du média mis en cause a le devoir de publier votre réponse sans y apporter aucune modification, elle a le pouvoir d’en évaluer la portée. Si selon elle votre rédaction porte atteinte au journaliste, n’est pas pertinente ou est trop longue, elle peut vous refuser la parution (tout ou partie). Autant vous dire qu’il est alors très rare de voir sa réponse effectivement publiée pour amender un article. Le refus d’insertion  sans excuse valable est considéré un délit… À vous de voir si vous voulez aller jusqu’à faire face à la justice.

3) L’efficacité du droit de réponse

Le besoin de répondre est compréhensible si vous pensez que votre passage médiatique fourmille d’informations erronées qui auront un impact désastreux sur votre image de marque. Malgré cela, vous devez savoir que le droit de réponse est, dans les faits, rarement utilisé. L’explication repose en grande partie sur son faible impact. En effet, votre réponse apparaît lors d’une nouvelle publication, alors que l’information n’est déjà plus une actualité.

Son efficacité est alors quasiment illusoire.

Très peu de personnes sont intéressées par ce genre d’articles, car le tort est déjà fait, et votre volonté de vous défendre ne fera pas disparaître les allégations vous concernant. Faire appel à son droit de réponse est un constat d’échec collatéral en ce que vous mettez en doute le sérieux du journaliste et votre capacité à communiquer efficacement avec ce dernier.

De plus, en utilisant le droit de réponse, vous affecterez largement votre crédibilité auprès de la presse et votre personnalité de bon client s’en verra écornée. On ne voudra bientôt plus vous interviewer, et vous ne pourrez plus vous exprimer, abandonnant vos rêves de médiatisation.

Le droit de réponse est une disposition prévue par la loi pour vous permettre de réagir suite à la diffusion d’informations pouvant être néfastes à votre image. Il est cependant difficile à mettre en place, peut être refusé par la rédaction du média en question et son impact est quasi inexistant… bref, ce n’est pas votre meilleure stratégie pour interagir avec la presse après la parution d’un article qui vous offusque…

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3 réponses à Le droit de réponse : véritable bouclier ou coup d’épée dans l’eau ?

  1. Stéphane de QuiRecherche 28 juin 2012 à 9 h 47 min #

    Comme d’habitude, voici un article de très bonne qualité. Je n’ai pas grand chose à ajouter si ce n’est que je vous remercie pour vos articles qui ont l’avantage de traiter pertinemment des sujets plutôt originaux !

    • Alexandre 28 juin 2012 à 10 h 16 min #

      Merci pour ton commentaire Stéphane, c’est toujours un plaisir d’apporter de la valeur ajoutée à mes lecteurs dans un domaine encore peu exploité par les entrepreneurs et blogueurs.

  2. Alexandre 11 juillet 2012 à 18 h 29 min #

    Bonjour,

    Travaillant dans le milieu du Web, le droit de réponse est pour moi dans la majorité des cas pire que mieux, pourquoi ? Deux points principaux :

    1 Exemple : Prenons l’exemple (Réel) d’un de mes clients pour qui je gère sa réputation sur Internet. Un article est posté sur un forum à son sujet et se positionne sur la requête « Avis + nom de la société ». Positionné rapidement sur cette requête car la publication est récente et Google prime le contenu « frais ».

    Quelques jours plus tard, l’avis perd en position mais reste en première page, et mon client (pas encore client à l’époque) à répondu au message sur le forum (s’en est suivit d’autres réponses et une discussion).

    Les effets ont été rapides : Google à vu que l’article « vivait » et été « mis à jour », Google aime les articles qui sont souvent à jour, l’effet à donc été un repositionnement du forum sur la requête. (plus de contenu, plus de mots-clés ..)

    Sans réponse, l’article se serait enfouie au fin fond fu web …

    2 Exemples : Attention lors du droit de réponse à ne pas faire le Buzz (http://www.journaldunet.com/ebusiness/marques-sites/effet-streisand/definition.shtml)

    je ne vais pas réexpliquer, tout est dans l’article.

    Alexandre

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