Cyrille Hurstel fait la promotion du bilinguisme précoce à travers ses articles et vidéos qu'il poste sur son blog. Il aide des parents à enseigner plusieurs langues à leurs enfants, dès le plus jeune âge. Il fait également la promotion de l’Espéranto une langue conçue à la fin du 19eme siècle dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Pour gagner en visibilité, Cyrille a mis en place une stratégie médiatique efficace qui lui permet d'être connu par un large public aussi bien français qu’international. Je suis donc rentré en contact avec Cyrille pour en savoir plus sur sa stratégie et en tirer les grandes lignes reproductibles par tous.

Interview : Comment Cyrille Hurstel fait la promotion du bilinguisme dans les médias Français et internationaux

Cyrille Hurstel fait la promotion du bilinguisme précoce à travers ses articles et vidéos qu’il poste sur son blog. Il aide des parents à enseigner plusieurs langues à leurs enfants, dès le plus jeune âge. Il fait également la promotion de l’Espéranto une langue conçue à la fin du 19eme siècle dans le but de faciliter la communication entre personnes de langues différentes. Pour gagner en visibilité, Cyrille a mis en place une stratégie médiatique efficace qui lui permet d’être connu par un large public aussi bien français qu’international. Je suis donc rentré en contact avec Cyrille pour en savoir plus sur sa stratégie et en tirer les grandes lignes reproductibles par tous.

L’interview de Cyrille Hurstel :

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Ce que vous apprendrez dans cette interview :

[00:18] Qui est Cyrille Hurstel ?

[02:11] Quelle est son activité ?

[05 :28] Quel est son business-model ? Quel est son rythme de travail ?

[07:29] Pourquoi a-t-il souhaité médiatiser son activité ?

[10:35] Quelle méthode de médiatisation a-t-il utilisé ?

[15:23] Quels ont été ses résultats dans les médias ?

[20:05] Qu’en a-t-il retiré ?

[22:55] Quelles sont ses prochaines actions ?

[27:33] Message de fin

Les résultats de Cyrille dans les médias :

Pour une audience cumulée de plusieurs centaines de milliers d’auditeurs et de lecteurs dans plus de 6 pays :

…et depuis Cyrille continue à se servir de son autorité médiatique pour porter de nouveaux projets.

Retranscription de l’interview :

Alexandre : Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle interview, ici Alexandre, le responsable du blog devenez-médiatique. Et aujourd’hui, je reçois Cyrille, du blog http://blog-bilinguisme.fr/. Bonjour Cyrille !

Cyrille : Bonjour Alexandre !

Alexandre : Je vais commencer par la traditionnelle question, Cyrille, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui t’écoutent aujourd’hui ?

Cyrille : Avec plaisir. Je suis un blogueur qui tient le blog http://blog-bilinguisme.fr/, comme tu l’as rappelé, et quelques autres blogs, notamment un sur les marchés publics, et un autre sur l’organisation et le management des processus pour des organismes de services publics.

Alexandre : OK. Alors Cyrille, tu m’as contacté parce que j’ai envoyé un email à mes membres, à mes lecteurs, mes abonnés de la newsletter, et j’ai dit « Voilà, je cherche des profils, si vous avez réussi à médiatiser vos activités, si vous pensez que vous avez des choses, des conseils à partager de votre expérience dans les médias, pour que ça puisse aider d’autres entrepreneurs, n’hésitez pas à me contacter. » Et puis tu m’as envoyé un email que j’ai trouvé très intéressant puisque pour ton blog, http://blog-bilinguisme.fr/, tu as eu quand même une belle couverture médiatique. Et puis ça fait quelque temps que tu fais ça. Et en regardant dans ton expérience, je me suis dit « Il y a quelque chose d’intéressant », et je pense qu’il faudrait que tu partages aujourd’hui quelques conseils à ceux qui vont nous écouter, puisqu’effectivement, tu as eu quelques passages médiatiques dont France 3, tu as été aussi il me semble suivi par l’AFP pour quelques articles qui ont fait un peu le tour du monde finalement, puisque tu as été visible au Liban je crois, et dans d’autres pays ?

Cyrille : J’ai été visible sur à peu près six pays, et notamment en film aux États-Unis, en Italie, et en France. Également sur BFM TV, avec une vraie diffusion, non pas uniquement internet, mais une diffusion télé dans la chaîne.

Alexandre : En plus ce qui est intéressant avec BFM TV, ce genre de médias, c’est qu’il y a des rediffusions dans la journée, plusieurs fois. Finalement, c’est assez répétitif, c’est assez intéressant ces petits sujets qui reviennent, qui reviennent, qui reviennent. Alors, on va aller plus en détail dans ta stratégie médiatique, mais d’abord, est-ce que tu peux résumer ton concept dans http://blog-bilinguisme.fr/. Qu’est-ce que tu vends ? Qu’est-ce que tu fais ?

Cyrille : Alors, le http://blog-bilinguisme.fr/ fait la promotion du bilinguisme précoce. Le bilinguisme précoce, c’est une notion qui est encore peu comprise par la plupart des gens, pourtant c’est assez simple. Quand un enfant a entre 0 et 7 ans, si tu mets deux langues dans son environnement, au moment où il apprend à parler, il apprend à parler en deux langues. Et ce créneau… Alors 7 ans, ce n’est pas 7 ans et 1 jour… C’est une potentialité, bien évidemment, qui va se refermer petit à petit. Si tu lui mets d’abord le français, puis après tu lui mets vers 8 ou 10 ans une deuxième langue, il ne va pas apprendre à parler : il sait parler. Dans ce cas-là, il va apprendre une langue étrangère, qui lui sera étrangère. Alors que si on lui met deux langues dès le début, elle ne lui est pas étrangère, ça maintient ses capacités à s’adapter à une autre langue, et du coup ça accélère l’apprentissage de la troisième langue étrangère, quatrième, cinquième, etc. C’est comme ça qu’on forme des vrais polyglottes pour qui il est totalement naturel de s’exprimer et de penser en plusieurs langues. Mon blog a la particularité de s’adresser à ceux auxquels on pense d’habitude, c’est les couples bi-nationaux. Un allemand, une française, un anglais, une française… Mais également aux couples bi-nationaux qui vivraient dans un pays tiers. Aux migrants, également, deux vietnamiens qui arrivent en France et leurs enfants vont grandir en vietnamien et en français, s’ils s’y prennent bien. Mais moi je suis également un quatrième cas, c’est que j’ai développé un bilinguisme précoce avec l’esperanto. Parce que ma femme est française, on vit en France, nos enfants auraient pu grandir juste avec le français, mais en fait, on a entre guillemets sauvé leur bilinguisme en introduisant l’esperanto dans leur vie. Ce qui accélère l’apprentissage ultérieur de l’allemand puisque c’était notre but : avoir des enfants très forts en allemand.

Alexandre : OK. Et donc, à travers ton blog, tu conseilles et tu aides les parents à suivre ce chemin, entre guillemets ?

Cyrille : Voilà. Déjà je fais la promotion du concept, puisqu’il faut d’abord comprendre de quoi il s’agit, combattre une grande partie des idées reçues. Après je donne des conseils sur certaines étapes, puisque le temps n’a pas toujours la même valeur, durant ce projet. On a beaucoup de temps au début, et puis après, le temps s’accélère. Il y a des étapes critiques, comme le passage à l’écrit. C’est très difficile d’équilibrer le niveau de l’enfant dans les deux langues. Alors, c’est encore plus compliqué quand il s’agit d’une langue très peu connue, une langue parmi les moins diffusées comme l’esperanto, qui lui-même a des avantages puisqu’il est phonétique, donc l’enfant apprend à lire très, très vite. Et puis on a… En fait c’est sans fin, tu peux discuter longtemps. Des gens qui cherchent à développer du bilinguisme avec l’arabe, par exemple, l’arabe dialéctal qu’ils parlent n’est pas l’arabe écrit. Donc ça introduit une complexité nouvelle. Et ainsi de suite.

Alexandre : Donc un sujet riche, et tout aussi intéressant à vulgariser auprès de la presse et des médias. Alors, j’ai une autre question à te poser pour qu’on puisse bien comprendre ce que tu fais et comment tu travailles. Quel est ton rythme de travail ? Quel est ton statut ? Est-ce que tu es juste blogueur, entrepreneur, indépendant, consultant… ? Est-ce que tu peux nous en dire plus ?

Cyrille : Aujourd’hui, je suis salarié, et consultant dans une administration publique. J’ai également un statut d’auto-entrepreneur à côté qui me permet de développer mes affaires en ligne, et le rythme sur le http://blog-bilinguisme.fr/ est que je publie tous les mardis une vidéo pour expliquer aux gens pourquoi l’esperanto va accélérer l’apprentissage ultérieur des autres langues voire même la maîtrise du français. Puisque je l’ai déjà dit, c’est quelque chose que j’ai dit, à des milliers de personnes. Je pense d’ailleurs avoir informé à peu près trois millions de personnes moi-même de l’existence de l’esperanto, et je pourrais expliquer comment. Mais surtout, il faut rentrer dans le détail de ce qu’est la langue et comment elle fonctionne. Et je n’ai rien trouvé de mieux que de le faire en expliquant avec des vidéos, donc tous les mardis, je publie une vidéo qui explique ça sur un point de détail. Et tous les vendredis ou samedis, je sors une interview ou un article de réflexion. Une interview, c’est je vais chercher des gens qui sont des parents d’enfants bilingues, ou qui sont des enfants qui ont grandi de manière bilingue précoce, pour discuter des facteurs de succès, des risques, des échecs qu’ils ont pu rencontrer. Donc je cherche également des gens qui ont échoué, ils sont plus durs à trouver. Bien sûr ils ne le clament pas sur tous les toits. Mais ils sont aussi plus intéressants, parce qu’on en tire des enseignements. S’ils ont le recul et qu’ils comprennent pourquoi ils ont échoué, ceux qui regardent ces vidéos vont se dire « Ah oui, là il y a une chausse-trappe, je n’y avais pas pensé. Je ne vais peut-être pas tomber dedans ».

Alexandre : D’accord, donc en fait, tu fais une interview comme nous sommes en train de faire aujourd’hui sur le thème de la médiatisation. Alors ça me permet de faire une transition tout à fait fluide. La question suivante c’est : Pourquoi tu as souhaité médiatiser ton activité ? Dans quel but ? Est-ce que c’était pour te placer en tant que leader ? Est-ce que c’était pour élargir ton public ? Est-ce que c’est pour l’autorité ? Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ça ?

Cyrille : L’esperanto est une langue qui est peu connue. Dans une langue, tu es dans un effet de réseau. En fait, si toi tu fais l’effort d’apprendre l’esperanto, ton apprentissage, il a le même effort, il te coûte la même chose qu’il y ait deux personnes qui parlent esperanto sur la planète ou trois millions. Par contre la richesse de ce que tu vas pouvoir en tirer dépend du fait que les autres aient fait le même effort. Donc tous les esperantophones sont intéressés à ce que le mouvement s’amplifie et donc on a tous intérêt à faire connaître l’esperanto. Tous ne le font pas, tous n’ont pas le même talent pour le faire, et je pense être particulièrement bon dans ce domaine. Donc il y a plus de dix ans, j’ai commencé à le faire, j’ai appris la langue, et j’ai tout de suite eu des résultats qui n’étaient pas trop mauvais.

Alexandre : D’accord, donc tu as tout de suite eu des résultats dans les médias, tu dis, il y a une dizaine d’année ?

Cyrille : Oui.

Alexandre : C’est impressionnant. C’était pour quels médias ?

Cyrille : C’était essentiellement Les dernières nouvelles d’Alsace.

Alexandre : Donc c’est du local ?

Cyrille : Voilà, c’était du local. Et c’est vrai que le point d’entrée en matière de médias, c’est quand même le local.

Alexandre : Tout à fait ! D’ailleurs on va en reparler. Ça, c’est très important, ce que tu dis, je tiens à souligner ta remarque, que effectivement, quand on commence par de la presse régionale, il y a de fortes chances qu’on soit relayé en national voire international. Ça t’est arrivé, ça m’est aussi arrivé, ça arrive à des clients. Effectivement, il faut savoir que la presse nationale se nourrit de ces histoires, de ces portraits qu’on peut retrouver dans la presse régionale. Donc effectivement, c’est un point d’entrée très efficace, et puis c’est d’autant plus facile que d’avoir une parution régionale, car on est moins en concurrence avec l’actualité nationale. Donc ça, c’est effectivement une remarque très juste. Du coup, est-ce que tu peux nous en dire plus sur la méthode ou les méthodes que tu utilises et les conseils que tu appliques, ou des conseils qu’on peut lire sur le blog devenez-mediatique. Qu’est-ce que tu utilises le plus pour attirer les médias ?

Cyrille : Moi, j’ai une approche qui est de me poser la question : Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’est-ce qui les intéresse ? Il ne faut jamais oublier qu’un média est un organe de presse, un média est une entreprise. Donc ce qui les intéresse, c’est que ça intéresse les gens, et que ça fasse vendre ce qu’ils vendent. Donc il ne faut pas se centrer sur soi, mais sur eux. Si c’est un média régional, il faut que ça puisse être quelque chose de régional. Et quelque chose de régional, ça veut dire un évènement qui va intéresser les gens. Donc à chaque fois, je me pose la question : Mais qu’est-ce qui va bien pouvoir les décider à en parler ? Donc il y a la notion de nouveauté, c’est évident. Deux, qu’est-ce qui va pouvoir intéresser les gens qui sont à l’autre bout, les receveurs, le public, l’audience. Trois, comment les faire rêver. Avec l’esperanto c’est quand même quelque chose d’assez facile de les faire rêver en leur apportant quelque chose d’inhabituel.

Alexandre : Les faire rêver c’est vraiment un point clé également. Effectivement pour vendre du papier, de la vidéo, pour vendre de l’audio il faut qu’il y ait une histoire, une belle histoire à raconter. Sous quels formats tu contactes les journalistes ? Communiqué de presse, un email, un post sur ton blog et tu essaies de le relayer ?

Cyrille : Alors pendant longtemps j’ai fait du communiqué de presse avec une plateforme puisque j’étais vice-président d’Esperanto France. Moi j’ai commencé au niveau local, j’ai eu la chance d’être formé par quelqu’un qui s’appelle Bruno Flochon, et qui est très connu dans le milieu, et qui m’a formé dans ce domaine. Et puis j’avais l’habitude d’entrer en contact avec les gens puisque je venais de la politique donc on va dire qu’on a fait une bonne équipe. Lui était plus communiquant donc j’ai appris : mes premières interviews étaient pitoyables, j’ai eu la chance de pas être publié.

Alexandre : C’est de la chance… c’est bien de pouvoir s’entraîner avant.

Cyrille : Voilà un des conseils que je dirais : c’est si vous ne voulez pas que le journaliste montre des conneries à l’écran ne prononcez pas de connerie face à cette caméra. Il ne faut pas venir se plaindre qu’il a gardé la pire partie, et si vous ne voulez pas qu’elle existe vous ne devez pas la prononcer.

Alexandre : En fait il y a un piège, je me permets juste de t’interrompre deux secondes : il y a un piège souvent lorsque l’on débute dans l’exercice médiatique c’est que lorsque l’on a une caméra braquée sur soi et qu’on nous pose une question on a tendance à remplir les blanc et effectivement parfois en disant n’importe quoi. Donc une fois que vous avez terminé votre message je vous encourage à se taire ou à demander s’il y a une autre question. Ça nous empêche effectivement de dire un tas de conneries : c’est bien vu.

Cyrille : Après tu développes des réflexes parce que si tu me demande d’expliquer l’esperanto aujourd’hui je n’ai pas besoin d’un grand échauffement pour savoir ce que je vais dire.

Alexandre : Oui tu as tes mots clés, tu as tes phrases clés. Ça compte et ça te permet de te positionner. Effectivement puisque c’est ce qui va être retranscrit à l’écrit ou en vidéo. Ça permettra au public de t’identifier, d’associer les idées clés à ton image, à ton concept effectivement encore une fois c’est un concept clé.

Cyrille : Pour en revenir à la méthode, j’utilisais une plateforme de diffusion de communiqués de presse pour arroser entre guillemets. J’ai notamment préparé la campagne des européennes de 2009 puisque j’avais préparé le terrain dans les médias pour montrer que l’esperanto est là. Les résultats ne sont pas extraordinaires. Au niveau national c’est très difficile d’avoir des résultats, c’est quasiment impossible dans un pays très centralisé comme la France. Les médias régionaux sont beaucoup plus ouverts.

Alexandre : Ceci dit c’est un mal pour un bien si j’ose dire, puisque de toute façon lorsque l’on jouit d’une bonne visibilité régionale cela peut parfois nous suffire. Je pense par exemple à un commerce de proximité ou à un restaurant disons dans un autre cas, ça permet de ramener de la clientèle directement. Et ce n’est pas plus mal que de travailler son image au national, si on est un restaurant dans le sud, dans un petit village du sud au bord de la mer et puis au final on a une couverture nationale mais que ça n’attire pas plus de clients que ça bon, ça a moins de sens. Hors effectivement parfois ça peut être intéressant d’avoir juste une couverture régionale et un public qui nous concernent directement. Bon toi c’est une autre chose encore c’est à la fois bien, et à la fois on ne se plaindrait pas d’avoir un peu plus de visibilité parce qu’on a un blog, c’est sûr que c’est toujours à prendre.

Cyrille : C’est vrai, le phénomène dont tu parles existe puisque je me souviens que lorsque l’on a lancé l’esperanto au bord des bateaux mouches. Batorama le port autonome de Strasbourg nous a fait confiance et j’ai mis de l’Esperanto à bord de ces bateaux en 2008. Donc quand tu montes et que tu visites Strasbourg en bateau tu peux mettre la bande son en esperanto au même titre que le chinois, le japonais, l’allemand, l’anglais, le portugais. Donc on a fait une inauguration à Batorama et je me suis chargé de la partie média. Donc notre but était d’en faire parler le plus possible. Alors on a réussi à avoir des articles locaux, on a eu des journalistes qui sont venus. On n’a pas réussi à faire venir les membres du parlement européen qui parlent l’esperanto il y en avait deux à l’époque mais bon ce n’est pas grave, ça aussi c’est un truc, on a annoncé aux journalistes qu’elles seraient là. C’est toujours pareil il faut en avoir un et quand t’as du succès ça appelle le succès. Et il se trouve qu’un des articles de la presse régionale a été repéré par Phillipe Bouvard et Bruno Flochon s’est retrouvé en interview aux Grosses Têtes donc deux minutes. Deux minutes avec plusieurs millions d’auditeurs.

Alexandre : Effectivement c’est ce qui s’appelle le cercle vertueux que je décris dans le blog et qu’effectivement un article en régional peut en amener un autre, et un autre, et un autre. Et il y a cet effet boule de neige qui est assez impressionnant. Et effectivement ce que tu dis sur Phillipe Bouvard est très juste puisque l’on partage un point en commun avec ton collaborateur puisque j’ai été invité d’honneur aux Grosses Têtes. Effectivement c’est une très, très grosse visibilité et on est tout de suite recontacté par derrière par d’autre gens, ou des personnes du public, des auditeurs qui ont aimé notre intervention. Donc effectivement encore une fois ce que tu dis se vérifie sur le terrain. Est-ce que tu pourrais nous parler de tes différentes parutions : presse, média. Celles qui t’ont le plus apporté, celles qui t’ont le plus marqué ?

Cyrille : Ce qui me marque le plus c’est lorsque j’arrive à avoir des étrangers d’origine asiatique qui sont de passage. C’est à dire avec presque rien arriver à obtenir la télé, c’est vraiment le truc qui m’excite le plus. C’est de me dire on n’avait rien, une personne, t’as deux personnes qui parlent esperanto et on arrive à avoir une amplification de ce qu’on a fait grâce au média régional. France 3 est excellent pour ça et bien évidemment le conseil que je donnerais : un journaliste doit pouvoir faire un bon reportage s’il peut filmer des bonnes choses. Donc votre boulot c’est d’amener et de construire même artificiellement quelque chose à filmer, quelque chose à dire, quelque chose à rêver, une perspective, quelque chose qui va lui donner envie de sortir de son quotidien et de se dépasser pour vous. Il le fait aussi pour lui mais au final il se va se dépasser aussi pour vous. Et de très bons souvenirs de Probal Dasgupta lorsqu’il était président de l’association mondiale d’esperanto est venu en 2010 en Alsace pour voir pourquoi on obtenait des résultats dans cette région.

Alexandre : C’est super.

Cyrille : Et donc moi j’ai réussi, je suis content, France 3 a annoncé quasiment la visite d’un chef d’état. J’ai eu plusieurs minutes, on est allé au Haut-Kœnigsbourg, le navire amiral du tourisme en Alsace. Très belle visite qui était bien couverte avec de très belles images, qui a débouché sur le fait qu’on a mis de l’esperanto à la caisse. Aujourd’hui quand on va à la caisse du Haut-Kœnigsbourg, il y a 12 dépliants dont celui d’esperanto.

Alexandre : C’est intéressant il y a vraiment un impact, sur la vie de tous les jours même si ça peut être parfois des petites choses mais mises bout à bout ça a un vrai impact, c’est ça qui est intéressant.

Cyrille : Ouais c’est pour ça, quand je regarde le nombre de personnes que j’ai informées, je pense que par mon action personnelle j’ai informé de l’existence de l’esperanto entre 3 et 5 millions de personnes. Parce que les bateaux mouches c’est 700 000 personnes qui montent à bord chaque année, ça fait maintenant 5 ans que ça tourne et au moment où tu prends ton casque pour écouter quels sont les canaux disponibles, on te dit quelles sont toutes les langues et tu entends que l’esperanto est disponible sur le canal 10. Même si il y en a un sur deux qui n’entend pas, fais le calcul : 700 000 … ça fait  2 millions et demi. Le  Haut-Kœnigsbourg, c’est 600 000 personnes par an et ce qui est génial, c’est que ça continue à travailler sans que moi je travaille.

Alexandre : Ouais c’est un peu comme, effectivement, comme un blog.

Cyrille : Comme un blog.

Alexandre : Ouais tout à fait c’est comme un blog, c’est passif, une fois que c’est fait on empile, on empile, on empile. Et puis ça travaille pour nous. Est-ce que tu as d’autres anecdotes par rapport à cette opération ?

Cyrille : Oui on a Esperanto Strasbourg qui organise chaque année une semaine de l’esperanto et on a Kimie Markarian qui est une japonaise, contrairement à ce que son nom indique, qui vit en Angleterre, qui est une vieille dame qui était calculatrice ; elle était calculatrice dans une grande entreprise japonaise avant l’arrivée des machines. Et à l’époque on calculait au Japon à l’aide d’un boulier japonais : le soroban. Le boulier japonais est un boulier qui est vraiment optimisé pour notre cerveau, qui est un outil génial pour apprendre le calcul pour enfants. Et Kimie fait la promotion du soroban à travers le monde. On avait décidé de faire dans le cadre de la semaine de l’esperanto, parce que je suis aussi interprète d’esperanto, j’ai de très bonnes relations avec l’université de Strasbourg et notamment l’ITIRI, l’Institut de Traducteurs, d’Interprètes et de Relations Internationales. On avait décidé de faire une conférence chez eux en esperanto et moi je me charge de faire la version en simultané en français. Donc France 3 est venu et à partir de presque rien : Kimie est japonaise et qui nous présente ce qu’est le soroban on a eu un très beau reportage de 20 à 30 secondes. S’il ne fait que 20 à 30 secondes c’est parce que le gars se disait « Je n’ai pas de rush » : il avait 3 minutes de rush, et avec 3 minutes de rush il a fait 20 secondes de reportage mais très bon. Donc à partir de rien, la présence de quelqu’un qui apporte  quand même quelque chose aux enfants, parce que le soroban mériterait comme l’esperanto d’être utilisé dans les écoles pour bien comprendre ce qu’est un système décimal : tu vois vraiment comment l’enfant calcule dans sa tête et tu vois où il se trompe. C’est vraiment un outil génial.

Alexandre : Très intéressant. Pour ceux qui se posent la question : un rush ? C’est ce qui est tourné en brut, les images brutes, et puis après on en fait un montage, pour ceux qui se posent la question… OK, et bien écoute, ce sont vraiment ces petites histoires qui montrent que c’est utile et qu’effectivement avoir des relations dans les médias, ça peut apporter tout type de rencontre, tout type d’histoire, tout type de rebondissement et ça c’est vraiment intéressant : parce que l’on joue sur plusieurs facteurs à la fois. Euh… Nouvelle question. Qu’est-ce que tu retiens au final, qu’est-ce que tu retiens de ton expérience médiatique ?

Cyrille : C’est une question difficile ça, question difficile. Je retiendrais l’effet d’escalier. Tu vois cet été on a travaillé avec l’agence France Presse donc pour moi ça a été une première. C’était la première fois que j’avais un contact direct avec les médias nationaux. J’avais déjà travaillé avec France 2 dans le cadre de mon travail mais ce n’était pas pareil. Et puis France 2 vient chez toi, tu sais que France 2 va diffuser. L’agence France Presse te contacte, elle s’intéresse à toi, tu ne sais pas s’ils vont diffuser, tu ne sais pas ce que ça peut donner. Par contre ils ont un effet d’amplification énorme car si leurs clients qui sont abonnés à leurs flux, qui sont abonnés à leur banque d’images, c’est une très grosse banque d’images je l’ai découvert depuis, agence France Presse TV qui diffuse en français et en anglais, s’ils arrivent à séduire leurs clients, en bien toi tu vas dans 6,7 pays. Cet été on a fait la une du télégramme de Brest, la une du courrier de l’ouest, une vingtaine de quotidiens dont l’Express, La croix, un film au Etats-Unis.

Alexandre : Donc une très belle couverture.

Cyrille : Donc ça c’est cet effet d’escalier mais je ne pense pas que j’aurais réussi cette interview aussi bien, et là notamment on tournait avec des enfants, et les enfants c’est génial, ça fait rêver mais on pourrait en parler longuement des enfants, parce que ça introduit d’autres problèmes notamment le droit à l’image. Et cet effet d’escalier, donc il y a dix ans je n’aurais pas pensé à partir des petits reportages que l’on faisait entre français, allemands, la présence aux cours, et sur un évènement tout bête qui est Esperanto Strasbourg relance ses cours au mois d’octobre. Le truc le plus bateau que l’on puisse avoir. Il y a 120 clubs d’esperanto en France, ils lancent tous leurs cours au mois d’octobre… C’est un défi chaque année de remettre ce marronnier sur le tapis.

Alexandre : Il faut trouver un angle qui fait qu’on va en parler quand même.

Cyrille : Voilà, voilà et pourtant on arrive à quelque chose qui fait rêver quoi, quelque chose qui fait rêver et j’espère qui a été inspirant pour beaucoup de gens parce que dans l’ensemble on va peut-être inspirer des gens qui vont changer le destin de leurs enfants, qui vont se mettre à l’esperanto et qui vont les faire voyager et qui vont leur ouvrir des portes et des choses que t’aurais jamais imaginées, rencontrer des gens que tu ne toucherais pas autrement.

Alexandre : Ouais effectivement il ne faut pas oublier que notre message a une finalité et quand on arrive à cette finalité c’est toujours agréable de voir que l’on a pu toucher vraiment et avoir un impact dans la vie des gens à un moment donné ça c’est sûr. Et puis les médias peuvent être au service de ça. Avant dernière question : quelles sont tes prochaines actions en termes de relation presse, de relation avec les médias ? Est-ce que tu continues de manière rythmée à faire des opérations ou est-ce que tu es plutôt passif maintenant ? Est-ce que les médias viennent te chercher automatiquement ? Comment tu fonctionnes ?

Cyrille : Je n’ai pas encore atteint le stade où les médias viendraient me chercher automatiquement. Je vais préparer, je pense, je serai chargé, je pense des relations médias lors du congrès mondial à Lille en 2015. Puisque le congrès mondial de l’esperanto revient en France en 2015 pour le centenaire, euh le centième congrès.

Alexandre : Finalement tu as eu tellement d’expérience que maintenant c’est toi qui devient le responsable presse à l’extérieur, pour d’autres personnes.

Cyrille : Oui oui, j’ai une plateforme qui est destinée à former les actifs de l’esperanto. C’est une plateforme qui est en esperanto et qui forme, un peu ce que tu fais : « devenez médiatique ».

Alexandre : Pour les pratiquants de l’esperanto.

Cyrille : A titre personnel, ce que je vais faire, c’est que je vais créer un séminaire en ligne bientôt pour Noël, pour les lecteurs du blog http://blog-bilinguisme.fr/ et je vais essayer d’obtenir un écho médiatique par rapport à un évènement en ligne, ce que je n’ai pour l’instant jamais réussi à faire. J’ai toujours, pour obtenir des résultats médiatiques, j’ai toujours dû créer l’évènement dans le monde physique qui lui sert de raison. Je n’ai encore jamais réussi à obtenir des résultats médiatiques par rapport à un évènement qui se déroulerait juste en ligne.

Alexandre : Oui tu pointes le doigt sur une problématique très intéressante, j’ai eu la même. Effectivement je me sers souvent d’un prétexte physique pour relancer sur quelque chose de numérique mais c’est plus simple d’avoir des retours sur la presse en ligne. Ça parle un peu plus forcément, puisque c’est plus rapide à traiter et puis c’est en relation avec la nature du média.

Cyrille : Oui c’est vrai maintenant que tu le dis, ce n’est peut-être pas tout à fait vrai ce que je dis. Parce que  ma fille Amy Shulter a écrit un livre sur son expérience de partir en Allemagne à 12 ans, elle a écrit un livre avec moi, j’ai écrit le chapitre central. Lorsque l’on a lancé le livre en juin 2012, on a eu quelques retours par les communiqués de presse notamment vis-à-vis la presse étudiante. Mais c’est vrai que c’était de la pub en ligne et ça n’a pas le même potentiel que la pub dans le monde réel.

Alexandre : Oui.

Cyrille : Ni en termes d’autorité, ni en termes de …

Alexandre : En termes d’autorité je suis bien d’accord avec toi, ceci dit en termes si ça te ramènes du trafic, de la visibilité, ou des clients potentiels, des lecteurs potentiels c’est toujours ça de pris effectivement. Ça rayonne toujours moins fort que le traditionnel journal que l’on va ouvrir ou la télé que l’on va regarder.

Cyrille : Cet été je n’ai pas eu que des succès aussi, ce qu’il faut bien voir c’est que sur trois semaines, j’ai organisé trois semaines d’évènement, j’ai eu du succès avec l’AFP sur la troisième semaine. Paradoxalement la plus intéressante était la deuxième semaine et j’ai eu à peine un article dans le courrier de l’Ouest mais qui du coup n’est pas paru parce que  on avait la une avec la deuxième équipe et la première semaine c’était au moment du lancement des films. On a tourné, on a transformé une exposition temporaire du vaisseau de la cité des sciences de Strasbourg, on l’a transformé avec un ami en films. Films qui sont disponibles sur mon site internet, et donc quatre films, exposition face au vent, frente la vento qui sont des films en esperanto mais ça tu ne peux pas obtenir de retombées. Donc j’ai créé un évènement en fait j’avais des amis qui venaient dans la région et on a dit entre guillemets qu’ils venaient et qu’il y avait l’inauguration avec eux. J’avais des allemands, des croates, une hongroise, des belges. J’avais des enfants bilingues ici et donc d’avoir et l’évènement dans le monde physique, la présence des enfants et les films qui étaient lancés, les films permettaient de faire un communiqué de presse. L’évènement dans le monde physique m’a permis d’avoir 12 articles dans les journaux.

Alexandre : Ouais effectivement t’as bien su concilier la nature de tes évènements pour attirer le plus possible donc ça c’est bien conjuguer les choses. Finalement t’as extrêmement bien cerné la problématique journalistique, trouver l’angle, trouver les prétextes pour faire venir à des évènements qui de par nature sont plus difficiles à promouvoir auprès de la presse et j’ai beaucoup de lecteurs qui me demandent si tel business est médiatisable, si tel produit est médiatisable. Et en fait tout, tout peut intéresser les médias et il suffit de savoir le vendre et je pense que là, ce que tu viens de donner est un excellent exemple de savoir regrouper des choses ou attirer par rapport à des éléments, des symboles qui attirent toujours les médias, qui sont extrêmement efficaces avec la presse. Cyril je te remercie pour toutes ces informations, je te remercie d’avoir partagé ton expérience et pour la dernière question je te laisse le mot de la fin : est-ce que tu veux nous parler de tes projets en parallèle, je sais que tu fais quelque chose en rapport avec les entrepreneurs ?

Cyrille : Pour les entrepreneurs oui je me suis rendu compte dans le cadre de mon activité de consultant interne dans les services publiques qu’une des contraintes que l’on avait était souvent de ne pas avoir les bons sous-traitants. Quand on creuse un peu on se rend compte que les sous-traitants nous on les a par les marchés publics. Mais il y a une grande partie des entrepreneurs, qui sont des entrepreneurs de qualité qui ne viennent pas en marché public parce qu’ils ont peur, parce qu’ils croient que c’est compliqué. C’est vrai que ce n’est pas simple mais ils croient que c’est inatteignable, un peu comme la presse. Ils croient qu’il n’y a que des marchés qui sont réservés aux majors du BTP, et on ne va pas les citer, mais il n’y a pas que ça et donc là je me suis dit moi je connais les marchés publics, ça fait quinze ans que je suis dans les marchés publics, j’ai l’esprit entrepreneurial, la plupart des gens qui sont dans l’administration ne connaissent pas l’aspect entreprise. Finalement j’ai écrit un livre « Gagner des marchés publics », qui est téléchargeable librement sur http://gagnerdesmarchespublics.com/ et je commence à aider les entrepreneurs  à vaincre leurs réticences vis-à-vis de la de la commande publique et à entrer dans le jeu parce que je pense aussi que c’est un très gros enjeu pour l’avenir, on aura de plus en plus de marchés publics qui vont être sous-traités au privé et il est urgent pour notre société que la commande publique trouve les bons entrepreneurs et pas juste ceux qui sont dans les circuits et qui savent comment tirer leur épingle du jeu.

Alexandre : Effectivement qui font partie d’un petit cercle d’initiés, ça sera peut-être l’occasion d’en parler dans la presse et de le faire grandir auprès du grand public. OK, je te remercie Cyril.

Cyrille : Merci Alexandre.

Alexandre : Et je te souhaite une excellente continuation et au plaisir de te voir et de te croiser dans les journaux et autres émissions télés. Je te souhaite une bonne continuation, salut!

Cyrille : Merci beaucoup. Salut.

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